Engagez-vous ! qu'ils disaient…
… Vous verrez Cuxhaven, qu'ils disaient
Je suis parti en même temps que les Français et je n'aurais pas dû. J'aurais dû attendre quelques heures de plus, je serais arrivé plus ou moins au même moment et moins fatigué. Sur le coup, ça m'a semblé être le plus pratique, même si je savais que la marée serait contre moi pour sortir de l'île et rejoindre la mer. Mais j'étais amarré contre eux, il fallait donc que je bouge dans tous les cas pour les laisser sortir. Je pensais que rejoindre la mer du Nord serait un peu compliqué, mais sans plus. Je peux bien forcer un peu, une fois dehors, je serais sur un bon angle pour aller vite et loin vers l'est.
Hélas, mon moteur n'était pas aussi puissant que le leur, et pour les premières heures, je n'avançais presque pas contre le vent et la marée.
Heureusement, j'ai finalement pu hisser les voiles et avoir assez d'espace pour louvoyer. Mais ce n'était pas simple…
Le vent était toujours bien bien fort et il y avait beaucoup de vagues qui stoppaient la progression d'Elvira.
À chaque fois que j'arrivais à prendre un peu de vitesse pour combattre le courant, une vague un peu plus grosse ou un peu moins bien négociée m'arrêtait et me faisait perdre de la distance.
Petit à petit, j'ai quand même réussi à sortir de ce goulot et je me suis retrouvé entouré de pêcheurs. Essayer de manœuvrer le bateau vent 3/4 arrière avec ces vagues n'était pas la chose la plus simple, d'autant plus que juste pour ce petit laps de temps, le vent était tombé un peu…
Mais après ce petit passage rigolo négocié, le vent est revenu et j'ai pu me mettre sur une allure plus simple à barrer (même si le régulateur n'était pas trop content de le faire et commençait à faire un peu n'importe quoi parfois).
Du coup, j'ai barré à la main pendant presque tous les 18 h de ce voyage et bon sang, la fin semblait longue ! C'était un peu frustrant d'arriver à l'entrée de l'Elbe à la tombée de la nuit et de se dire qu'il y avait encore un bon bout à faire. Pour couronner le tout, ma lumière avant a décidé de casser à ce moment-là et un empannage non contrôlé a déchiré l'attache de ma capote de descente.
Je suis arrivé au port à 2 h 30. Une fois encore, un peu stressé par la marée : il fallait arriver au port avant qu'elle ne tourne sans quoi je serais resté coincé à avancer à 0,5 nœud au moteur pendant des heures dans l'Elbe pour rejoindre la marina… Heureusement, je n'ai pas eu à faire ça, et tant mieux !
Après cette épreuve, il m'a fallu un peu de temps et de rangement pour faire retomber la tension et réussir à dormir un peu.
Ça ne se voit pas bien sur la vidéo, mais il y avait pas mal de vagues et le bateau roulait pas mal aussi.

Au fur et à mesure que le soir s'approchait, ces nuages sombraient, en faisaient de même et donnaient à la scène un air très dramatique.


On se sent petit!

Mais les nuages ont fini par se dissiper un peu et ça donnait une lumière assez étrange…


… Mais quel spectacle !