Plus de peur que de moteur
Retour dans le canal de Kiel, et petit moment de panique…
Je me suis promené un peu partout dans Cuxhaven pour essayer de trouver un remplacement pour ma lanterne d'étrave. (Il m'a fallu plusieurs semaines après ça pour réaliser que certaines des lampes de lecture dans le bateau ont le bon format et auraient été une bonne solution temporaire jusqu'à ce que j'arrive quelque part avec un magasin de voilier bien fourni…) J'ai tourné et tourné dans Cuxhaven pour essayer de trouver quelque chose, jusqu'à finir par essayer un magasin de décoration d'intérieur parce que « pourquoi pas ? » Une vendeuse très aimable a passé 10 bonnes minutes à essayer de trouver quelque chose en cherchant dans tout son stock. Pour finir, elle trouva une lampe qui avait la bonne forme, mais qui était un demi-centimètre plus courte (c'est une lampe en forme de cylindre avec une cosse de chaque côté). Je l'ai prise quand même et de retour au bateau, je me suis arrangé pour faire marcher ça. Heureux de cette solution, ma lessive faite, et une vraie nuit de repos, je me sentais près à utiliser la marée et à rejoindre l'entrée du canal.
Hélas, le moteur a dit non : il faisait un drôle de bruit quand je donnais un tour de clef, ou plutôt, il était un peu silencieux quand il n'aurait pas dû mais de manière plus critique, il ne démarrait pas. Une bonne grosse montée de stress m'a fait tout ouvrir pour regarder partout dans le cockpit, autour du moteur, mais rien. À court d'idées, j'ai commencé à trifouiller dans les câbles derrière le panneau de contrôle du moteur et sur le point d'abandonner, j'ai essayé une dernière fois et là ça à marcher… Il va de soi qu'après ça je n'avais pas très envie de couper le moteur ! J'ai donc fait un petit mélange de voile et de moteur pour rejoindre l'entrée du canal : sous génois seul, avec la marée qui me propulsait et le moteur en marche avant, mais sans forcer. Pas le plus épanouissant du monde, mais bon, c'était pour aller dans le canal de Kiel après tout.
Lui non plus n'était pas très stimulant. Pas grand-chose à en dire, à vrai dire : un peu de pluie à l'entrée (ce qui était mieux que la canicule de l'année dernière), puis un peu de soleil et une humidité assez étouffante.
Pour passer le temps, je donnais des notes de greenwashing aux noms des gros bateaux que je croisais… la palme revient au navire collecteur « Eco Maestro », parce que rien ne rime avec « Écologie » aussi bien qu'un gros moteur diesel !
J'ai réussi à rejoindre Rendsburg assez tôt au final et c'était pas mal. J'avais encore assez de motivation pour aller faire quelques courses au gros magasin bio que j'avais repéré l'année dernière. Ensuite, un peu de musique dans le cockpit, car le temps s'y prêtait et voilà !
Avant de partir du port, j'ai vu ces gais lurons profiter du soleil.

Le canal était une succession de rencontres avec des navires comme celui-là…

…mais aussi avec des oiseaux comme eux !

